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Visite du Docteur et Prix Nobel de la Paix Denis Mukwege à la Chambre

Madame la Présidente du Sénat,
Mesdames les Députées,
Messieurs les Députés,
Mesdames, Messieurs en vos titres et qualités,
Cher Docteur Denis Mukwege,

J’ai l’immense honneur de vous accueillir aujourd’hui au Palais de la Nation.

Déjà en 2013, vous nous avez fait le plaisir de nous rendre visite à l’invitation de mon prédécesseur, André Flahaut, Ministre d’État.  Entretemps, vous avez reçu le prix Nobel de la Paix. Ce symbole de reconnaissance internationale vous a été décerné en 2018, en même temps qu’à Nadia Murad, pour les efforts permanents et votre engament afin de mettre fin aux violences sexuelles en tant qu’arme de guerre.

Lorsque vous fondez l'hôpital de Panzi à Bukavu dans l'Est du Congo en 1999, vous êtes loin d’imaginer l'extrême violence que représentent les mutilations génitales dans votre pays. Alors que vous ne pouvez plus supporter ces atrocités au bloc opératoire, vous décidez de faire connaître au monde la barbarie dont sont victimes les femmes dans cette région de la RDC, où le viol est utilisé comme arme de guerre. Votre hôpital se spécialise dans la prise en charge des femmes victimes de ces agressions sexuelles, ce qui vous vaut aujourd'hui d'être reconnu comme le docteur « qui répare les femmes ».

Dans votre pays, vous subissez néanmoins des menaces de mort, des intimidations, des propos haineux, mais vous restez fidèle à votre devise, « dire la vérité, c'est le début du changement ».

 « La violence est injuste d’où qu’elle vienne », disait Jean-Paul Sartre.

Ainsi, en rencontrant des femmes de Bosnie, de Colombie, de Corée du Sud et d’autres pays où les violences sexuelles sont monnaie courante, vous avez compris que le fléau était mondial et que la souffrance est la même partout.

Vous décidez alors de créer le Fonds mondial pour les survivantes des viols en temps de guerre. Ce fonds, lancé depuis le quartier général des Nations Unies à New York, contribue à la réhabilitation des personnes ayant subi des abus sexuels en période de conflit armé.

Vous parcourez le monde pour faire connaitre votre action et revendiquer l’appui de la communauté internationale.

Tout récemment, à Charleroi, le 16 septembre dernier, vous avez alerté plus largement à propos de la situation de conflit de longue durée qui sévit dans les provinces du Kivu et d’Itouri, région limitrophe du Burundi et du Rwanda. Ce sont en réalité plusieurs dizaines d’années de conflits à des intensités variables qui font souffrir des familles entières.

Ces décennies de conflits laissent aussi derrière elles près d’1 million de femmes violées. Dans l’ensemble de la population, 52% des femmes ont été victimes de violences domestiques, 39% ont déclaré avoir été menacées ou blessées, 27% sont victimes de « pratiques traditionnelles néfastes ».

Ces exactions inadmissibles sont une des raisons qui vous pousse à réclamer la création d’un tribunal pénal international pour juger les auteurs des violences et rendre justice aux victimes. Une proposition suivie de près par les victimes de violences sexuelles.

Au sein de notre assemblée, soyez convaincu que nos membres prennent la mesure de l’ampleur du phénomène et y consacrent régulièrement une attention particulière.

Le travail du photographe liégeois Christophe Smets que nous inaugurons ce jour illustre en partie ce combat quotidien que vous menez avec ces femmes pour leur survie physique et psychique. Aiguillonné par sa curiosité, son engagement, ses rencontres et son envie de contribuer à son niveau, à améliorer le monde, l’artiste a ressenti le besoin urgent de monter les divers aspects touchant à la santé des femmes dans les provinces du Sud et Nord-Kivu. Cette exposition a pour ambition de rendre compte, le plus fidèlement possible, de situations souvent précaires que vivent les femmes à l’est du Congo mais aussi de présenter ce qu’elles mettent en œuvre, avec l’appui de différents acteurs, pour améliorer leur quotidien et construire un avenir meilleur pour elles et leurs enfants.

Je ne serai pas plus longue car vous êtes attendu cette après-midi en commission des Affaires étrangères pour relater aux parlementaires la situation d'extrême tension dans l'Est du Congo.

Je tiens à vous féliciter pour vos réalisations en matière de droits des femmes dans votre pays et bien au-delà et à vous marquer tout mon soutien. Merci pour votre apport monsieur Mukwege.

Eliane TILLIEUX

 

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